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Assainissement 2018-05-17T22:18:05+00:00

La croissance qu’a connu le pays durant ces dernières années, a certes eu des retombées positives mais elle a aussi entraîné des effets négatifs sur l’environnement et particulièrement sur la ressource hydrique du fait d’une prise en charge insuffisante en matière d’environnement.En effet la pollution risque de constituer la cause essentielle de la pénurie d’eau dans un pays semi-aride comme le notre , d’où la nécessité d’une protection plus accrue de la ressource hydrique.

Une politique d’assainissement s’impose donc comme un impératif incontournable pour contenir ce risque de pollution par la protection des milieux. Elle s’appuie particulièrement sur la préservation des ressources existantes, la valorisation des eaux usées épurées et préserver la santé des citoyens et au développement économique.

Le linéaire du réseau national d’assainissement a connu un net essor depuis la concrétisation du programme de réalisation des réseaux d’assainissement à travers le pays. Ceci a permis d’éliminer une grande partie des rejets sauvages d’eaux usées notamment au niveau des agglomérations urbaines et d’éradiquer un nombre importants de fosses septiques à travers le pays réduisant ainsi le risque de maladies à transmission hydrique.

Le taux de raccordement au réseau public d’assainissement est l’un des indicateurs les plus fréquemment utilisés pour apprécier les efforts d’un pays en matière d’assainissement. Alors que 35% seulement de la population total algérienne qui était de 14.69 millions étaient raccordées à un réseau public d’assainissement en 1970, ce taux a été porté à 90% de la population total qui est de 39.5 millions en 2015.

Evolution du linéaire du réseau d’assainissement

Concernant les stations d’épuration, il y’a lieu de noter qu’en 1999, le parc national de stations d’épuration de l’Algérie comptait 12 stations en service en 2000 avec une capacité d’épuration qui ne dépassait pas 90 millions de m3/an.

Actuellement, l’Algérie dispose de 177 systèmes épuratoires en fonctionnement  avec une capacité  installée de 13 791 687 EH (Équivalant Habitant) soit 805 millions m3/an dont 49 d’une capacité de 6 millions EH sont situées dans les villes côtières les plus importantes, (Alger, Oran, Ain Temouchent, Skikda, Annaba, Jijel, Boumerdes, etc … ), et cela pour répondre aux objectifs de la Convention de Barcelone ratifiée par l’Algérie qui consiste en  l’élimination de tous les rejets d’eaux usées en mer et qui a défini comme prioritaires les projets de réalisation des stations d’épuration des villes côtières.

Evolution du nombre des stations d’épuration en exploitation

En plus de l’important parc déjà mis en service, le secteur des Ressources en Eau compte 69 systèmes épuratoires en cours de travaux avec une capacité installée estimée à environ 6 millions Equivalant Habitant soit 244 millions m3/an.

Une fois ce programme achevé (horizon 2020) le parc de stations d’épuration atteindra plus de 270 unités avec une capacité installée de près de 1.300 millions de M3/an.

Etudes Stratégiques

Dans le cadre de la coopération Algéro-Union européenne le secteur a bénéficié de financement pour l’élaboration de plusieurs études stratégiques dans le cadre du programme Eau II, il s’agit notamment de :

1.Etude du Schéma National de Développement de l’Assainissement

La mise en œuvre du plan d’action élaboré pour les quinze prochaines années permettra notamment de préserver les ressources en eau, de protéger la santé des populations, de développer l’irrigation des terres agricoles, et d’améliorer la qualité des eaux littorales.

Le Schéma National de Développement de l’Assainissement (SNDA), vise à doter le secteur de l’assainissement d’un outil de planification performant, permettant de définir la stratégie nationale algérienne en matière d’assainissement des eaux usées, et ce, à l’échelle des agglomérations et jusqu’à l’horizon 2030. Cette étude, vise la protection des ressources en eau, la réduction des maladies à transmission hydrique, la protection des milieux récepteurs y compris le littoral et de manière plus générale la lutte contre la précarité sanitaire.

L’étude a dressé un inventaire exhaustif des infrastructures d’assainissement existantes (réseaux et stations d’épuration), à l’échelle de l’ensemble du territoire algérien, couplé à un diagnostic d’ensemble du secteur de l’assainissement urbain.

Développement d’un outil informatique opérationnel permettant d’une part l’archivage historique du patrimoine sectoriel (base de données, Système d’Information Géographique), et d’autre part l’analyse de programmation d’infrastructures d’assainissement. Cet outil permet notamment de simuler les impacts sur l’environnement, d’identifier les travaux pertinents.

Élaboration d’un plan d’action chiffré et hiérarchisé pluriannuel spécifiant les priorités de mise en œuvre.

Le SNDA prévoit également une stratégie d’amélioration de la gouvernance de l’assainissement afin de placer les institutions algériennes dans les meilleures conditions pour relever le grand défi que constitue la gestion efficace de l’assainissement dans les années à venir.

2.Elaboration d’une stratégie nationale d’assainissement en zones rurales :

Les bases d’une stratégie d’assainissement en zone rurale ont été élaborées sur les plans technique, sociologique, financier, organisationnel et réglementaire.L’étude s’est appuyée sur les données générale disponibles au niveau national, et en particulier du secteur ainsi que sur des enquêtes de terrain auprès des ménages et des municipalités : 8 communes ont fait l’objet d’investigations à partir d’expertises techniques des systèmes d’assainissement en place mais aussi d’enquêtes auprès des ménages (480 ménages ont été enquêtés).

L’étude a notamment conclu qu’en Algérie, l’assainissement autonome est une solution à valoriser, que les zonages d’assainissement sont indispensables pour un aménagement harmonieux du territoire et qu’en raison des enjeux de l’ordre de un (1) million de ménages seraient concernés à l’horizon 2030).

3.Etude d’inventaire et de faisabilité de la cogénération de l’énergie électrique à partir des stations d’épuration :

L’étude a permis d’avoir une évaluation du potentiel de cogénération de l’énergie électrique à partir des boues issues des stations d’épuration à différents horizons, des économies espérées (électricité autoproduite et réduction de boues) et une estimation des investissements nécessaires.

Un Avant Projet Sommaire (APS) a été préparé pour un site pilote (Annaba). L’étude a également permis de souligner l’intérêt de la digestion anaérobie comme moyen de stabilisation des boues de stations d’épurations par boues activées en vue de leur valorisation agricole.

Par ailleurs, et toujours concernant la prise en charge de la problématique des boues issues des stations d’épuration, un schéma directeur a été élaboré par le secteur dans le cadre de la coopération coréenne, il envisage l’implantation de sept (7) centres régionaux de recyclage dont chacun chapeautera plusieurs wilayas, et ce, selon la localisation des stations d’épuration, les quantités de boues produites et les conditions géographiques.

Un projet de norme portant sur la valorisation agricole de ces boues spécifique à l’Algérie et un guide de bonne pratique a été également élaboré dans le cadre du programme EAU II. Le projet de norme est en cours d’approbation au niveau de l’institut national de normalisation IANOR.