//Politique Sectorielle
Politique Sectorielle 2018-04-15T16:20:18+00:00

Face aux situations difficiles de stress hydrique, vécues durant la décennie 90 et le début des années 2000, l’Etat a consacré, dans le cadre du programme de Son Excellence Monsieur Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, d’importants investissements pour la réalisation d’infrastructures hydrauliques, à l’effet de satisfaire une demande, en eau sans cesse croissante, en rapport avec le développement, aussi bien de la démographie que de l’urbanisation et des activités agricoles et industrielles.

Ce programme consistant et ambitieux de réalisation de barrages, de grands transferts, de stations de dessalement d’eau de mer et de déminéralisation, est en phase de résorber graduellement le déficit de la ressource en eau.
L’Algérie a, également engagé, dés le début de l’année 2000, une politique responsable de protection de l’environnement et de développement durable, par l’adoption, en cohérence avec les priorités socio-économiques du pays, d’une approche basée sur la concertation, la communication et la participation de tous les secteurs et de tous les différents acteurs institutionnels, privés et associatifs.

Partant des recommandations du Plan National de l’Eau (PNE), examiné et adopté par le Gouvernement, la stratégie sectorielle, a été axée sur les actions principales suivantes :
  • La réalisation de projets d’aménagements intégrés, à caractère structurant, portant sur la réalisation des infrastructures hydrauliques, tant à l’amont, pour le traitement des bassins versants au moyen des stations d’épuration(STEP), qu’à l’aval, au moyen des adductions en eau potable et aux extensions et modernisations des périmètres d’irrigation.
  • La remise en état des infrastructures existantes, par la réhabilitation et la rénovation des réseaux d’Alimentation en Eau Potable (AEP), d’assainissement et d’irrigation;
  • Le renforcement de la participation du secteur des Ressources en Eau et de l’Environnement à la croissance économique du pays à travers la réalisation de ces projets et la création d’emplois.
Les projets et programmes, identifiés par le Plan National de l’Eau, se fixent l’objectif de maximiser la mobilisation des ressources en eau conventionnelles et non conventionnelles, pour assurer et sécuriser la couverture, à long terme, de la demande en eau des populations et des activités agricoles et industrielles, notamment par la constitution de réserves stratégiques régionales autour de barrages de grande capacité, de grands transferts régionaux et d’interconnexion des barrages .
  • A l’Ouest : Le système hydraulique de l’Ouest est constitué à partir des ouvrages régularisant les écoulements des bassins des oueds Tafna et Macta et ceux du Cheliff-aval (MAO) ainsi que les ressources non conventionnelles produites par les usines de dessalement et par les stations d’épuration.
  • Au Centre : Le système hydraulique du Centre alimente la Capitale et toutes les villes ceinturant la région algéroise d’Est en Ouest ainsi que la plaine de la Mitidja, à partir des grands barrages de Keddara, Taksebt, Koudiat-Acerdoune et Souk-Tleta (barrage en cours de réalisation) ainsi que des apports des champs captant, des stations de dessalement et des stations d’épuration de la région.
  • A l’Est : Le système hydraulique de l’Est est dominé principalement par le grand barrage de Béni-Haroun qui alimente les localités des wilayas de Mila, Constantine, Oum-El-Bouaghi, Batna, Khenchela ainsi que les périmètres d’irrigation créés sur les hautes plaines constantinoises. Le système des Hautes Plaines Sétifiennes destiné à alimenter en eau les villes et localités du couloir ‘’Sétif – El-Eulma’’ et à assurer l’irrigation de 40 000 hectares, est quant à lui, desservi par un ensemble de barrages interconnectés mobilisant les apports des bassins hydrographiques des wilayas de Jijel, Béjaia et Sétif.
Le Programme inscrit au titre du Plan Quinquennal 2015-2019 s’articule autour des axes stratégiques suivants :
  • Poursuite et consolidation de la mobilisation des ressources en eau conventionnelles et non conventionnelles pour assurer la couverture des besoins en eau, en ciblant en priorité les zones déficitaires et les hauts-plateaux dans un objectif d’équité territoriale en cohérence avec la politique d’aménagement du territoire.
  • Réhabilitation, modernisation et extension des systèmes d’irrigation des grands périmètres irrigués (GPI) et de la Petite et Moyenne Hydraulique (PMH) pour soutenir la stratégie de sécurité alimentaire et atteindre, à l’issue de ce programme, une superficie de 2,2 millions d’hectares.
  • Réhabilitation et extension des systèmes d’AEP, d’assainissement et de protection contre les inondations pour généraliser l’accès à l’eau, améliorer le cadre de vie et préserver les ressources hydriques.
  • Mise en œuvre d’une gestion patrimoniale des infrastructures hydrauliques pour assurer leur durabilité et optimiser la performance des opérateurs de gestion de l’eau.
  • Consolidation de la gouvernance de l’eau à travers des mesures institutionnelles d’accompagnement englobant le cadre juridique et le dispositif organisationnel.
Il est ainsi projeté :
  • En matière de Mobilisation : Accroissement de la mobilisation de la ressource de 1,2 milliards de m3 soit 16% de la capacité actuelle, de 7,4 milliards de m3, à travers la réalisation de 26 barrages totalisant 985 Millions de m3, le dévasement de dix (10) barrages d’une capacité globale de 45 Millions de m3 et enfin la réalisation et l’équipement de 680 forages d’un linéaire de 180.000 ml devant mobiliser 172 Millions de m3/an.
  • En matière d’Alimentation en eau potable : Un programme soutenu, portant sur la réalisation de 2.440 km par an de canalisations, la construction de 17 stations de traitement et de 136 réservoirs ainsi que la réhabilitation de 1.680 km de conduites par an. Ce programme a pour finalité d’aboutir à l’amélioration du service public de l’eau et à l’amélioration de la distribution en augmentant, à la fois, la plage horaire de distribution quotidienne à plus de 12 heures et la dotation journalière, actuellement à 178 litres par habitant.
  • En matière Assainissement : Dans le programme retenu, il est prévu la réalisation de 60 STEP et lagunes d’une capacité épuratoire de 4 millions Equivalent habitant, ainsi que 6.000 km de collecteurs. Il est prévu également des travaux de protection de 200 localités contre les inondations et l’aménagement de 300 km de lits d’oueds.
  • En matière d’Hydraulique Agricole : Il est prévu la réalisation de 32 grands périmètres d’irrigation totalisant une superficie supplémentaire de 232.000 hectares ainsi que 219 retenues collinaires mobilisant un volume de 60 millions de m3 qui permettront l’irrigation de 15.000 hectares.
  • En matière de ressources humaines et de formation : Pour le renforcement des capacités professionnelles des personnels du secteur, le Ministère des Ressources en Eau et de l’Environnement, s’est engagé dans la création d’Etablissements et Ecoles Supérieures, spécialisées dans les métiers de l’eau, pour organiser et dispenser des cycles de formation et de perfectionnement, adaptés aux besoins du secteur.

il faut souligner que l’Algérie qui dispose de ressources en eau limitées, irrégulières et très inégalement réparties, a entrepris, sous l’impulsion de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Abdelaziz Bouteflika, des efforts considérables pour faire reculer le spectre du stress hydrique et améliorer le cadre environnement national dans une dynamique de développement durable.

Ceci s’est traduit par la réalisation de grands projets structurants qui permettent aujourd’hui d’enregistrer des améliorations significatives sur les principaux indicateurs de développement humain dans le domaine de l’eau et de l’environnement.

C’est ainsi que l’Algérie affiche actuellement des taux de raccordement de 98% pour l’eau potable et de 90% pour l’assainissement, alors que la superficie des périmètres irrigués est passée de 350 000 ha en l’an 2000 à 1 200 000 ha en 2016 ; l’objectif est d’atteindre 2,2 millions d’hectares à l’horizon 2020 afin de consolider à terme la sécurité alimentaire et l’effort de diversification de l’économie nationale. Les efforts d’investissement consentis par l’Etat ont permis, dès 2010, d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), en matière d’alimentation en eau potable et d’assainissement, fixés par l’ONU à l’échéance de ‘‘2015’’.

Mais il ne suffit pas seulement de mobiliser cette ressource, encore faut il bien la gérer et bien la distribuer.
C’est la bataille dans laquelle notre pays s’est engagé actuellement avec la même détermination en reformant le cadre juridique, institutionnel et organisationnel pour assurer la meilleure gouvernance de nos ressources en eau mais aussi de nos ressources financières tout en améliorant nos indicateurs de gestion.

En matière d’environnement, la mobilisation de l’Etat par des investissements importants, le renforcement du cadre législatif, réglementaire et institutionnel, les actions de sensibilisation et de vulgarisation menées notamment à travers l’implication de la société civile, ont développé une conscience collective auprès des citoyens qui se sont appropriés l’environnement faisant de sa protection, une priorité pour une meilleure qualité de vie.

L’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à un environnement sain est un droit humain fondamental reconnu à l’échelle des nations. En Algérie, ce droit est un principe inscrit dans la Constitution et dans les textes portant code de l’eau où la ressource est définie comme un bien de la collectivité nationale. L’article 19 de la Constitution stipule que « l’Etat garantit l’usage rationnel des ressources naturelles ainsi que leur préservation au profit des générations futures » alors que l’article 68 spécifie que « le citoyen a droit à un environnement sain, l’Etat œuvre à la préservation de l’environnement ».

L’Etat ne ménage pour sa part aucun effort pour faire de ce droit une réalité pour tout un chacun à travers le territoire national. Il a mis en place des mécanismes éprouvés de solidarité où il continue d’exercer sa responsabilité pour offrir à tous les citoyens, une dotation équitable en eau, des services de l’assainissement et de préservation des écosystèmes, adéquats dans le cadre d’un développement durable qui concilie l’écologie, l’économique et le social.